Résumé de partie - DEADLANDS - 01/02/2008

Qu’est-ce qu’une nuit agitée, pour le commun des mortels ? Des tiques vous dévorant les parties durant des heures jusqu’à vous mettre les calots à vifs ? Gênant, c’est clair. Un chacal égaré s’attaquant à votre bétail et vous obligeant à le pourchasser, défroqué et mal réveillé, en pleine nuit sous la pluie ? Pénible, effectivement. Une tornade qui ruine toute votre ferme et vos champs, vous précipitant dans la mendicité et obligeant filles et femmes à se prostituer ? Terrible. Rentrer par une nuit sans Lune et découvrir une horreur dévorer les entrailles de vos proches, entraînant votre âme dans un abîme sans fin de folie et de cauchemars pour le restant de votre vie ? Terrifiant, évidemment. Mais préparez vous à trembler en écoutant le récit de la nuit qui transforma Julesburg en ville fantôme dans : le septième volet de la saga Deadlands.

Une journée ! C’était tout ce qu’il restait à nos héros avant la nuit, la pleine lune, et… un nouveau carnage ? Malgré un dernier mois mouvementé, le souvenir du massacre perpétré par Paquito sous sa forme de loup-garou dans le camp Chamberlain n’avait pas quitté l’esprit de nos amis.
En arrivant à Julesburg, ce matin là, nos valeureux compagnons étaient déjà en train de méditer aux mille et une façons de maîtriser la fureur du lycanthrope quand ils furent surpris par un spectacle étonnant dans la grand rue : des hommes se défiaient aux tirs ; d’autres engageaient des épreuves de force ; et un grand nombre faisaient la queue devant le plus luxueux saloon de la ville, attendant un entretien avec un homme entouré de jeunes femmes se pâmant devant ses traits d’humour.

Elliot, resté à Julesburg pour on ne sait quelle mystérieuse raison, mit rapidement ses compagnons au courant : un riche gentleman venu d’Europe, Sir Rutherford Ellington Dillinger, était arrivé dans un train privé de « seulement » huit petits wagons en acier avec pour mission de faire découvrir la culture humaine aux hommes du Weird West. Si quatre vingt dix pour cents de son auditoire ne comprenait pas que culture pouvait signifier autre chose que des champs de maïs ou de blé, par contre l’intégralité pigea vite que l’homme était plein aux as et qu’il y avait moyen de s’enrichir facilement.

A peine nos amis avaient-ils mis le pied à terre que les passants les interpellèrent pour connaître en détails leurs aventures en terre indienne. Bien rapidement, Sir Dillinger voulut faire plus ample connaissance avec nos compagnons dont la renommée, comme on l’a dit, était déjà faite au sein de la ville de Julesburg. Mais le cœur de nos amis n’y était pas, surtout quand l’homme se mit à déblatérer sur une « Encyclopédie », un certain Jake Speare ou Chakse Pire, le Moyen Orient, les Phares à un certain Ondéjipte, Homer, ou encore les tableaux de la Renée Sense. Toutefois, une avance de 100$ chacun et une paye de 7$ par jour leur firent accepter l’offre. Ils quittèrent alors leur employeur, pour se consacrer aux préparatifs de la nuit.

Jeff et Tom se procurèrent auprès d’une guérisseuse un puissant somnifère inodore et incolore à diluer dans de l’alcool, tandis qu’Elliot prépara des barillets de balles d’argent pour tout le monde. Le Sergent Gordon, revenu d’entre les morts, était toujours tourmenté par cette expérience traumatisante et son corps de mort-vivant n’acceptait pas qu’il se bourre la gueule pour oublier. Quant à l’Indien, malgré une guerre évitée contre les indiens, il préférait se faire oublier et passer inaperçu. Enfin Paquito eut un entretien avec Guffy où il lui demanda de protéger sa femme car il risquait d’être absent longtemps et il se fit dire : « j’ai personnellement insisté, mon gendre, auprès de Sir Dillinger sur le grand mérite de toi et de tes amis. Malgré quelques aspects que j’apprécie chez vous, si vous pouvez rapporter de l’argent tout en étant loin de ma fille, de moi et de mon petit-fils à venir, ça m’ira très bien. Mais pas question de crever, je vous l’ai déjà dit ». Ce qui laissa coi Paquito, qui retourna auprès du Sergent Gordon en murmurant : « la salope ! ».

Tout était prêt, il restait à trouver un endroit solide où enfermer Paquito. Et quoi de mieux qu’un wagon en acier ? Nos courageux amis se firent donc payer le repas par Sir Dillinger et demandèrent à visiter le trésor qu’ils auraient à défendre. Après un repas qui s’éternisa (et où Elliot crut pour la seconde fois apercevoir un homme en noir du coin de l’œil), durant lequel Sir Dillinger palabra sur l’art qui avait la même forme que la Vérité, puis embraya sur l’importance d’être cultivé (mais pas comme du maïs) et enfin se plaignit du saloon et de l’ensemble  de l’Ouest à propos de son art « cul y nère » (Paquito a dit que n’était pas de l’espagnol), nos amis purent visiter le train.
Effectivement, le wagon renfermait des biens extrêmement précieux : des joyaux du Moyen Orient, des peintures de grands artistes comme un certain David, une énorme bibliothèque dans laquelle Tom trouva des croquis d’armes d’un certain De Vinci et où Elliot mit la main sur un ouvrage de poker très intéressant écrit par Edmond Hoyle.
Mais là n’était pas l’essentiel, un wagon restait vide et Tom obtint d’y installer dès l’après-midi même un laboratoire pour faire des expériences.

C’est ainsi que Paquito se retrouva pieds et poings liés par la chaîne en roche fantôme (fabriquée par un forgeron de l’armée sur conseil de Tom) avec un litre de Tequila dans le ventre contenant une très forte dose de somnifère.

L’attente avant la nuit fut longue, extrêmement longue. Chacun avait pris position et vérifié sans relâche son matériel : Tom a l’une fenêtres du wagon ; Jeff à l’autre avec le fusil à fléchettes contenant une potion de loup garou (au cas où il pourrait devenir lucide) et deux potions de nitro ; le Sergent Gordon près de la porte ; Elliot au-dessus et l’Indien sur un toit de bâtiment assez proche.

La tension était à son comble, les nerfs à vifs, et l’attente fut à la hauteur de leur désespoir. La transformation de Paquito eut lieu, et tout doucement le sang lycanthropique prit le dessus sur le somnifère. Les efforts pour se libérer commencèrent à fendre certains anneaux, et nos amis devinèrent que la dose de roche fantôme dans les maillons n’était pas assez suffisante.

Cependant, alors que Paquito n’était pas encore libéré, des cris retentirent simultanément de deux saloons. Des cris de colère du saloon où logeait Sir Dillinger, et nos amis virent peu après quatre individus traînés dehors en étant accusés de voleurs ; la foule du bar suivit, horrifié qu’on en veuille au si honorable Sir Dillinger (et surtout à son argent). Mais de l’autre côté de la rue, c’étaient des cris d’horreur qui retentissaient, et des personnes sortaient en hurlant d’épouvante du saloon de Guffy.

Tandis que les nuages s’agglutinaient devant la Lune, que le pouls de chacun s’accélérait, que les ombres devenaient plus épaisses et plus noires, qu’étrangement les cris d’horreurs résonnaient trop fort dans chaque tympan, un loup garou fracassa une fenêtre de l’étage du saloon de Guffy, atterrit dans la rue, massacra une dizaine d’individus avant même que quelqu’un ne réagisse puis s’enfila dans une rue perpendiculaire. Guffy sortit à peine quelques secondes après, hurlant de laisser la bête s’enfuir et de ne pas lui faire de mal avant de partir elle-même à sa poursuite.

Rejetant un coup d’œil, vers le wagon, nos amis entendirent un grand bruit de métal lorsque la chaîne lâcha. Jeff tira sa dose sur le loup garou, mais rien ne changea, c’était l’œil d’une bête avide de sang qu’il y avait dans le regard du garou. Sur son toit, l’Indien arma son fusil avant de s’effondrer inconscient. Elliot prépara un sort, mais subit un contrecoup et oublia tout ce qui se passait autour de lui pour chanter gaiement en s’enfilant sa fiole de whisky, un quinze ans d’âge d’Ecosse donné par Sir Dillinger. Dans la rue, les morts se relevèrent pour descendre la rue vers la gare, de même que des morts du cimetière. Jeff se sentit irrésistiblement attirer vers le dit cimetière tandis que, de manière incompréhensible, le Sergent Gordon se mit à longer le train. Paniqué, horrifié, Tom rendit son repas et se planqua dans le train. Dans le wagon, les coups retentissaient et le loup garou finit par arracher les barreaux de la fenêtre, avant de sortir et d’abattre les gardes supplémentaires. Humant l’air, il jeta un œil vers Elliot entonnant pour la quatrième fois « la p’tite chatounette » puis se désintéressa quand il capta une autre odeur dans le vent. Il remonta donc la rue, éviscérant quelques morts-vivants, estropiant les malheureux ayant eu la mauvaise idée de venir voir ce qu’il se passait. Deux explosions retentirent peu après dans la nuit, enflammant plusieurs maisons et créant un important incendie. Les militaires de la garnison de Julesburg se déployèrent : ils évacuèrent les personnes prises dans les maisons en flamme ; ils partirent à la chasse aux loups garous ; ils aidèrent le Sergent Gordon à se débarrasser des morts qui lui sautaient dessus, mais quand ils voulurent l’écarter du train il se débattit violemment et l’on fut obligé de l’assommer.

Le lendemain, le bilan était lourd : de nombreuses maisons incendiées mais sans trop de morts car l’armée avait vite organisé l’évacuation. Les loups garous laissèrent plusieurs dizaines de blessés et de cadavres derrière eux avant d’être écartés de la ville par les militaires, qui subirent tout de même de sérieuses pertes. L’Indien reprit conscience en fin de nuit et découvrit à côté de lui le caillou qui avait dû le percuter violemment à l’aide d’une fronde. Elliot retrouva son état normal, sans aucun souvenir de la nuit passée. Le Sergent Gordon ne put pas expliquer pourquoi il était irrésistiblement attiré par le train. Tom, après coup, était gêné d’avoir paniqué alors que ses amis étaient en mauvaise posture. Quant à Jeff, il ne voulut pas expliquer ce qu’il était parti faire au cimetière, mais tout le monde remarqua qu’il n’avait plus les deux fioles de nitroglycérine que Tom lui avait confié.

Paquito rejoignit nos amis, avec dans ses bras une Justine horrifiée de son état, ne cessant de répéter qu’elle avait épousé un monstre, qu’elle attendait un monstre mais n’osant pas lâcher Paquito pour autant. Elle craqua complètement lorsqu’elle apprit qu’on avait retrouvé le corps de sa mère éviscéré, de même que l’une de ses sœurs égorgée.

C’est dans ce contexte que débarqua un lieutenant Pinkerton (les services secrets du Nord, dont une des missions consistent à neutraliser les phénomènes paranormaux), une certaine Carmen O’Bannon, qui ordonna à Tom d’appeler en renfort d’autres agents tandis que Jeff devait l’accompagner pour l’aider à organiser les soldats (oui, oui, spectateur, tu peux relire plusieurs fois cette phrase mais effectivement, Tom et Jeff sont membres des Pinkerton !).

Une fois transmis les ordres d’exécuter tous les blessés, d’incarcérer Paquito et Justine et d’évacuer la population à l’extérieur de la ville le lieutenant O’Bannon, après un entretien privé avec Jeff dont il serait revenu tremblant si son corps le lui avait permis, réunit nos compagnons dans le fort de l’armée. Ils lui firent un bilan de la situation, notamment l’étrange retour à la vie de morts se dirigeant vers le train (ce qui n’était jamais arrivé avant quand on interrogea Sir Dillinger) et les ombres fugaces aperçues brièvement du coin de l’œil. Le lieutenant O’Bannon décida d’incorporer Elliot, l’Indien et le Sergent Gordon aux Pinkerton et les chargea d’enquêter sur cette mystérieuse affaire, ainsi que de se rendre à Dodge City pour aller aider le shérif Wyatt Earp durant la nuit du 4 Juillet (nuit la plus mouvementée de l’année).

Restait la délicate situation de Paquito et de Justine. Le lieutenant O’Bannon, soutenue par Elliot, proposait d’exécuter les deux. Cependant, Tom et Jeff argumentèrent que grâce à la potion de loup-garou, Paquito leur avait de nombreuses fois sauvée la mise. O’Bannon accepta l’argument, mais il ne justifiait pas qu’on sauve Justine, d’autant que la population avait deviné à l’attitude de Guffy durant la nuit que le loup garou était sa fille, et par ailleurs Justine était déjà là durant la dernière pleine lune au camp Chamberlain ; il fallait aux habitants un exutoire. Tom tenta bien d’expliquer que c’était un cas scientifique intéressant, d’autant qu’elle était enceinte, mais la décision du lieutenant O’Bannon fut : ou ils meurent maintenant ou elle meure maintenant.

Nos amis firent donc venir Paquito, et lui expliquèrent la situation. Le lieutenant O’Bannon ajouta que s’il décidait de rester en vie, il serait intégré temporairement aux autres en tant que Pinkerton mais que, si dans 28 jours ses amis n’avaient pas trouvé de solution à son problème de lycanthropie, elle viendrait en personne réglait le problème une bonne fois pour toute. Paquito, le visage froid et distant, prit sa décision d’une voix glaciale : « Justine maintenant, et moi dans 28 jours où je fais le serment de te crever avant sale pétasse ! ». O’Bannon prit acte de la décision d’un petit sourire qui fit craindre le pire à Tom et Jeff.

Un échafaud fut construit à la hâte où Justine fut conduit, blafarde et gémissante. Un cordon de soldats avait été placé pour empêcher la foule de lyncher Justine, mais elle fut conspuée et reçue tout de même de nombreux projectiles. La dernière image que nos amis gardèrent de Julesburg fut le nœud coulant se resserrant autour du cou de Justine et la désagréable impression d’avoir vu un soubresaut de la robe au niveau du ventre, comme si le bébé s’était débattu avant de mourir.

Terrible tragédie que cette pleine lune à Julesburg. Une moitié de la population quitta la région tandis qu’une autre décida d’aller habiter à Varney Flats. En une nuit, une ville de 6000 habitants était devenue une ville fantôme. Mais Justice ayant été faite, les gens furent persuadés qu’il n’y avait désormais plus de loup-garou dans la région. Quant aux morts, on fit croire à la population que c’était la morsure de la bête qui commençait à les transformer. C’est le propre des hommes que de mettre à l’écart de leurs pensées les moments les plus durs, et le boulot des Pinkerton de les y aider. Mais 6 personnes de notre connaissance, partis vers de nouveaux horizons, n’étaient pas prêts, eux, d’oublier.

Eric BEER - MJ à DEADLANDS