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Résumé de partie - DEADLANDS - 30/04/2008

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En attendant l’apothéose de nos chroniques, le point de dramaturgie inéluctable de toute œuvre humaine, celui où sentiments et évènements se mêlent intimement au delà du rationnel et du raisonnable, voici : l’avant-dernier épisode de notre saga Deadlands.

Episode où durant près de trois semaines, dans un lent et pompeux voyage de petits bourgades paumées en bleds pourris, nos héros ont servi au gentleman Dillinger d’hommes à tout faire. Et ce n’est pas peu dire : on les y a vus jouer du Shakespeare et du Molière. Recréer l’une des fameuses batailles de William Wallace, ainsi que celle des Thermopyles. Servir des whisky écossais pur malt dont un an de salaire d’un mineur n’aurait pas suffi à acheter une bouteille. Et, occasionnellement, être gardes du corps.  Le tout saupoudré de repas où Dillinger ressassait sans cesse son discours d’éveil de du Weird West à la Culture.

Le seul fait marquant de ce périple – qui,  s’il n’avait pas été extrêmement lucratif, nos amis le cacheraient à tous sous peine de se liquéfier de honte - se déroula à Red Rock, au Kansas. Si l’on excepte une tentative d’initiation des rustres mineurs locaux à la peinture du nu (qui aurait sans doute tourné au viol collectif du modèle si nos amis et le shérif du coin n’avaient pas veillé), nos héros découvrirent l’origine du réveil des morts. Rappelez vous, lors de l’attaque des loups garous à Julesburg, les morts les plus récents s’étaient réveillés, attirant au passage nos deux déterrés Jeff et le Sergent Gordon, pour se diriger vers le train. Ce phénomène se reproduisit deux fois, dont une à Red Rock où nos amis finirent donc par découvrir qu’une amulette d’origine arabe réveillait les morts et les attirait lorsque le niveau de terreur d’une ville était très élevée.
Coïncidence diraient les uns, ficelle narrative classique diraient les autres. Plus pragmatiques, nos valeureux amis se dirent « et merde », lorsque surgirent un beau matin des arabes camouflés en noir (aperçus à plusieurs reprises du coin de l’œil et même touchés par l’Indien) bien décidés à reprendre l’objet qui avait dû leur être dérobé, suivi d’un « putain, fais chier » lorsque sortit du sol un Crotale Mojave surnommé Glouton par les autochtones (un gros ver des sables, qui mesure une petite vingtaine de mètres de long pour une gueule de près de trois mètres de diamètre garnies d’un peu moins d’un millier de dents). Si l’on excepte quelques morts, tout le monde s’en sortit relativement bien grâce aux fléchettes empoisonnées des agresseurs arabes qui mirent à mal le ver des sables venu chercher pitance.
Il n’en fallut pas plus à Dillinger pour remettre ses projets d’émancipation culturelle à plus tard et reprendre la route. Nos amis allaient enfin pouvoir atteindre leur destination : Dodge City, où ils devaient prêter main forte à Wyatt Earp – et accessoirement trouver de nouveau une solution au problème de Paquito dont la métamorphose aurait lieu le 4 Juillet, en plein milieu de la fête du centenaire de l’indépendance.

Je vous épargnerai la narration des quelques jours de train restants, comme les tensions entre Tom et Paquito suite à une méchante vanne scatologique de ce dernier, et notamment l’épisode de l’interrogatoire d’un des arabes capturé, avec le cannibalisme comme support de pression psychologique. Simplement, il en est ressorti qu’il y avait un homme à la tête des arabes, qu’il recherche l’amulette et qu’elle servirait, mais la traduction est approximative, « à passer de la mort vers ? par ? la vie ». Jeff décida donc de porter l’amulette sous ses vêtements pour voir ce qu’il se passerait.

A pourtant trois jours du 4 juillet, la foule abondait littéralement dans les rues de Dodge City. Nos amis quittèrent les services de Dillinger, certes un peu déçu, mais dont l’attention était déjà toute entière à échafauder le meilleur moyen d’éveiller toute cette population à la culture et aux arts.
Earp reçut nos amis et les mit au parfum : Dodge City se situe sur les terres contestées c’est à dire qu’elle n’appartient ni aux sudistes ni aux nordistes. Or, la fête du centenaire de l’indépendance va avoir lieu, et celle-ci n’a de sens que pour les nordistes. De là à ce que quelques provocations tournent en rixes et de rixes en meurtres, ce n’est qu’une question de jours. A tout ça, il faut ajouter l’idée du conseil municipal d’avoir vanter la plus grande fête du siècle, et on va au devant d’un beau bordel programmé pour virer à l’hécatombe. Toutefois Earp veillera à ce que ça n’arrive pas. Il fait confiance à nos héros qui lui ont été chaudement recommandé par leur supérieure Carmen O’Bannon (femme certes la plus frigide à l’Est du Pacifique mais ô combien efficace). Leur tâche consistera à surveiller l’un des quartiers de la ville et de veiller à ce que rien ne dégénère.

Nos amis occupèrent leur journée du 2 juillet à prendre leurs repères. Si Gordon et l’Indien, devenus inséparables, ont effectivement quadrillé le quartier, se heurtant déjà à des conflits avec une bande de Sudistes mais aussi se faisant invectiver par une ardente défenseuse de la ligue anti-alcoolique, Jeff fut bizarrement surpris en état d’ébriété et soudainement intéressé par la gente féminine. Paquito délaissa carrément le quartier pour aller s’occuper ailleurs, de même que Tom qui s’empressa d’explorer une ville si immense, un télégramme remis par Earp à la main, afin de découvrir les ingrédients nécessaires à ses potions.

Les évènements se précipitèrent la nuit, comme toujours, entraînant de nouveaux nos compagnons vers des sommets d’horreur et d’enjeux qui terrasseraient n’importe quel humain ordinaire. Un cri de terreur pure, d’origine féminine, jaillit brutalement de l’une des chambres de passe du Dog Eye Saloon. Déjà à l’intérieur du dit saloon, Tom et Jeff se précipitèrent, tandis qu’à l’extérieur une ombre jaillissait du 2ème étage, retombait sur ses pieds et détalait, ne laissant à l’Indien et Gordon comme unique solution non pas de se lancer dans une poursuite éperdue mais d’aller voir à l’intérieur ce qu’il se tramait. Dans la chambre, une vision d’horreur submergea les spectateurs de la scène. Sur le lit gisait un corps sans tête, ni bras, ni jambes, dans des draps imbibés de sang. Enfouissant sa terreur au fond de lui Gordon, en tâtant son bras mécanique, laissa échapper : « c’est le Boucher ! Il est là ! ».

Tom examina le cadavre, découvrant que le dit Boucher possédait une force surhumaine, des compétences anatomiques certaines et avait tranché les membres à l’aide d’une lame courte. Jeff, tout en s’occupant de calmer la femme dans un état de totale hystérie, déduisit de la situation des lieux que l’agresseur était venue de l’intérieur du saloon. Quant à l’Indien et Gordon, alors qu’ils s’apprêtaient à pister le Boucher, ils tombèrent sur un attroupement dans la rue  n’ayant rien à voir avec le meurtre : au centre de la foule, deux sudistes étaient en train de tabasser un noir, les mêmes déjà aperçus l’après-midi. La tension grimpa rapidement, et en moins de temps qu’il n’en faut à un nouveau-né porcelet pour lâcher sa première flatulence, les hommes se regardaient armes aux poings prêts à faire feu. Alors que les premiers coups allaient retentir, présageant un inévitable bain de sang, Wyatt Earp arriva et calma le jeu sans même menaçait quelqu’un de son arme. La foule s’éparpilla, et c’est sur ses entrefaites que Paquito rappliqua.

Mais déjà nos chroniques s’achèvent. Alors arrache-toi les cheveux petits lecteurs, ronge le peu d’ongles qui te reste et lis et relis ses questions au devenir tragique, laissant présager l’innommable, inimaginable dénouement à venir :
- qui est le Boucher ?
- les sudistes vont-ils revenir régler leur compte à nos amis ?
- les arabes ont-ils abandonné leur quête de l’étrange amulette des morts ou bien sont-ils déjà infiltrés dans la ville ?
- une solution sera-t-elle trouver pour Paquito lors de la pleine lune ou bien la lieutenante O’Bannon reviendra-t-elle lui régler son compte comme elle l’a promis (et on peut soupçonner Paquito de n’attendre que ça) ?
- la fête du centenaire restera-t-elle dans les mémoires sous le nom de « La fête sanguinaire » ?
Tout cela, vous le découvrirez dans le dernier, et le plus dramatique, épisode de notre saga Deadlands.

Eric BEER - MJ à DEADLANDS